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  Ambassade Chinoise à Rome durant l’Antiquité ? 2éme partie et fin.

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ORO
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MessageSujet: Ambassade Chinoise à Rome durant l’Antiquité ? 2éme partie et fin.   Mer 7 Déc - 10:54

Voici quelques découvertes inhabituelles effectuées dans (et autour) de l'Empire romain;
Une représentation du Buddha en Scandinavie, un résumé écrit des « Upanihads » à Rome (chefs-d'oeuvre de la spiritualité hindoue, englobant les enseignements religieux, philosophiques, mythologiques, ...), la statuette en ivoire de la déesse Lakshmi dans les ruines de Pompei (équivalente indienne de la Fortuna romaine, voir photo).
Mais encore, un plat en argent ou figure la Mère India à Lampascus, des feuilles du manuscrit indien « Aryaprajnaparamita » en Roumanie, divers objets indiens au Soudan, une statuette indienne en bronze représentant une danseuse dans le sud de l’Arabie, une tombe d’un personnage du sud de l’Inde à Khorezm (ancienne république Soviétique), un manuscrit en sanskrit en pays Turkmène, un ballot de soie portant le prix indiqué en écrit indien Brahmi ainsi que le manuscrit d’Asvaghosha sur la route de la soie dans le bassin du Tarim, etc.., de même, des centaines de poteries d’Arezzo et des gemmes gravées représentant des divinités romaines et de nombreuses monnaies romaines ont été découvertes en Inde.
( Certaines de ces monnaies avaient encore cours légal en Inde, à la fin du 19ème siècle !) infos tirée de [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
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Statuette en ivoire de Lakshmi découverte à Pompei.
Strabon, (- 58 /+ 21 , 25 après J.-C) le célèbre géographe romain écrivait dans son œuvre ;
« Puis l'expédition toute récente de l'armée romaine dans l'Arabie Heureuse, sous les ordres d'Aelius Gallus, notre camarade et ami, et les voyages des marchands d'Alexandrie, qui commencent à expédier vers l'Inde par la voie du Nil et du golfe Arabique de véritables flottes, nous ont fait connaître ici ces deux contrées infiniment mieux qu'on ne les connaissait naguère : du temps que Gallus était préfet d'Égypte, je vins le rejoindre, et, ayant remonté le fleuve avec lui jusqu'à Syène et aux frontières de l'Éthiopie, je recueillis ce renseignement positif qu'il partait actuellement 120 vaisseaux de Myos Hormos (port égyptien) pour l'Inde, quand autrefois, sous les Ptolémées, on ne comptait qu'un très petit nombre de marchands qui osassent entreprendre une pareille traversée et faire le commerce avec cette contrée. »
Ce commerce devient si vite florissant et de telles quantités d'or y sont investies que déjà Pline l'Ancien dénonce dans son Histoire naturelle :

« Mais la mer de l'Arabie est encore plus Heureuse ; c'est elle, en effet, qui fournit les perles ; 100 millions de sesterces, au calcul le plus bas, sont annuellement enlevés à notre empire par l'Inde, la Sérique, et cette presqu'île Arabique ; tant nous coûtent cher le luxe et les femmes ! Quelle portion, je vous le demande, en revient aux dieux du ciel et de l'enfer? »

Le «Périple de la mer Erythrée», décrit à de nombreuses reprises les marchandises vendues ou achetées par les marchands gréco-romains dans différents ports. Par exemple, à Barbaricum : « des vêtements, des draps de lin décorés, des topazes, des coraux, du styrax, de l'encens, des vases en verre, des plats d'argent et d'or, et un peu de vin » échangés contre « des costus, du bdellium, du lycium (baies de Goji), du nard, des turquoises, des lapis-lazulis, des peaux de Sérique, des étoffes de coton, de la soie et de l'indigo ». Il est également mentionné qu'à Barygaza, il achètent « du blé, du riz, de l'huile de sésame, du coton et des tissus ».
D'autres marchandises étaient achetées ou échangées en cours de route, notamment sur les ports de la mer Rouge et d'Afrique orientale : ivoire, cornes de rhinocéros, carapaces de tortues ou cannelle.
Les rapports commerciaux entre Rome et l'Inde contribuent également à l'accroissement des échanges interculturels, aux effets durables sur chacune de ces civilisations. Des influences indiennes sont observables dans l'argenterie et les pièces d'ivoire romaines ou les tissus égyptiens de coton ou de soie, fabriqués pour la vente en Europe. La présence indienne à Alexandrie a pu en influencer la culture, mais peu de précisions peuvent être apportées dans ce domaine.
Enfin, les religions orientales sont mentionnées dans les textes d'époque, notamment par Clément d'Alexandrie (+150/220) qui mentionne les Sâdhu hindouistes ou le Bouddha ;
« ... dans les Indes, il y a les Gymnosophistes, et d'autres philosophes barbares. Ils sont de deux sortes : les uns se nomment Sarmanes, les autres Brachmanes. Parmi les Sarmanes, ceux que l'on nomme Allobiens, n'habitent pas les villes, n'ont pas de maisons, se revêtent d'écorce d'arbres, se nourrissent de fruits, et boivent de l'eau qu'ils puisent dans leurs mains ; ils ne connaissent ni le mariage, ni les enfants, de même que les hérétiques de nos jours, auxquels on donne le nom de Continents. Parmi les Indiens, il en est qui suivent les préceptes d'un certain Butta, que sa grande vertu leur fait honorer comme un Dieu»
Les colons juifs ou chrétiens installés dans les comptoirs romains continuent à vivre en Inde même après le déclin de la route commerciale, et contribuèrent à la diffusion du christianisme en Inde. De nombreux trésors de pièces romaines ont été découverts dans le pays, et particulièrement dans les ports commerciaux du sud. Les rois des pays tamouls réutilisent les monnaies romaines en leur propre nom après les avoir défigurées. Les marchands romains sont également mentionnés dans la littérature tamoule sangam.
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Pièce à l'effigie d'Auguste, trouvée en Inde, dans le trésor de Pudukottai.
Le royaume d'Axoum, profondément impliqué dans ce commerce transcontinental, est également influencé par la culture romaine et l'architecture indienne.

Malgré des siècles de conflit avec les empires perses (parthe puis sassanide) et la prise de contrôle temporaire de l'Égypte en 610 par les armées de Khosro II, c'est l'expansion rapide des Arabes musulmans, sous la direction des premiers califes, et leur invasion de l'Égypte en 639 et la perte des ports de la mer Rouge et d'Alexandrie en 641 qui sonne le glas du commerce direct entre le sucesseur de l’empire romain ; l'empire byzantin et l'Inde.
Les Califes omeyyades, 661-750, vont provoquer la rupture des communications entre l'Empire romain d'Orient et le royaume d'Axoum, alors chrétien, et, déclencher un long déclin de celui-ci qui, en dépit de sa résistance à l'avancée des armées musulmanes jusqu'au au XIe siècle, finit par disparaitre, victime de conflits dynastiques.
Le déclin de ce commerce force les royaumes tamouls à se tourner vers l'Asie du Sud-Est pour trouver de nouveaux débouchés commerciaux, influençant, à l'inverse de Rome, cette région d'une manière profonde.
Aux XIVe et XVe siècles, l'expansion de l'Empire ottoman permet aux Turcs de contrôler les routes commerciales entre Europe et Asie. Leur mainmise sur ces routes pousse les puissances d'Europe occidentale à chercher des routes alternatives, notamment par la circumnavigation de l'Afrique, contribuant à l'avènement des Grandes Découvertes.
Bizness is bizness…
Une fibule romaine du type Feugère 26c4 et datant des 2/3éme siècle pourrait avoir subi une influence de style indien, en effet, ce n'est qu'une hypothèse, mais elle semble étrangement figurer le "Yoni indien" encadré par deux phallus.
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En effet, ces "ballons de rugby", et autres "grains de café", sont aussi appelés Yoni ( de L'Hindi ) et réprésentent effectivement de façon symbolique, la vulve de ces Dames. On en retrouve fréquemment dans les décors, éléments de buffleterie romains. Sur cette fibule, la ligne verticale est plus large pour des raisons techniques, il faut que la loge reçoive l'émail.
Nous avons vu, que dans le cas d'une autre fibule en forme de "Joug", l'auteur suggèrait la possibilité que cette forme de fibule soit liée à un culte religieux d'origine asiatique. La société romaine était très cosmopolite et comme nous venons de le voir dans cet article, il y a eu de nombreuses influences interculturelles, donc ces hypothèses pourraient être plausibles.

"Yoni (sanskrit « lieu »), dans l'hindouisme, désigne les organes génitaux féminins (matrice ou vulve). Ceux-ci sont rarement représentés seuls. Néanmoins, il est remarquable que sa représentation est presque systématiquement associée à celle du sexe de l'homme ; ainsi, dans le culte de SHIVA, et afin d'exprimer la complémentarité de la yoni et du symbole phallique (lingam), on peut noter la présence d'un anneau qui entoure le fût d'une colonne, ce qui renvoie à la dualité des deux principes primordiaux masculin et féminin (SHIVA-SHAKTI) "

Quant à l'hypothèse que ce type de fibule ait été un signe distinctif pour reconnaître les prostituées (elles travaillaient pour un "pornoboskos"= un prostituteur), qui sait, elles travaillaient dans des bordels (porneion) et il est attesté quelles arboraient de petits pendentifs en forme de vulve pour signifier leur profession. ( Il semble que les romains aimaient particulièrement les esclaves indiennes.. )
Les "pornai" étaient des esclaves prostitués-ées, le mot porno vient littéralement de "pernemi", vendre.
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Nico13

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MessageSujet: Re: Ambassade Chinoise à Rome durant l’Antiquité ? 2éme partie et fin.   Ven 13 Déc - 7:46

Très intéressant.  Very Happy 
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Ambassade Chinoise à Rome durant l’Antiquité ? 2éme partie et fin.
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