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DISCUSSIONS AUTOUR DU THEME DES OBJETS ARCHEOLOGIQUES EN GENERAL ET DES FIBULES EN PARTICULIER.
 
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 Fibule zoomorphe poisson, une identification baclée.

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ORO
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ORO

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Date d'inscription : 27/09/2011

Fibule zoomorphe poisson, une identification baclée. Empty
MessageSujet: Fibule zoomorphe poisson, une identification baclée.   Fibule zoomorphe poisson, une identification baclée. Icon_minitimeMer 19 Oct - 11:36

Bon nombre de fibules, d'apparences anodines, recèlent un sens, une signification cachée ou oubliée. Une codification inhérente au monde celtique, romain ou même mérovingien, nous oblige bien souvent à nous replonger dans l'étude des mythologies si l'on veut appréhender une fibule détentrice d'un message, d'une communication non verbale.

Je prends ici l'exemple d'une fibule soumise ce jourd'hui, à l'identification sur un autre forum du net.
En outre s'il en était encore besoin, ceci justifie amplement la création d'un nouveau forum sur le sujet.
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Après une courte "analyse", le collège des intervenants conclut en attribuant à cette fibule en forme de poisson, une référence, une typologie, une datation, bon!
Le propriétaire de la fibule, tout content s'en retourne chez lui, bien sûr, il ne fera jamais d'autre démarche concernant sa fibule, puisque des "experts" en ont dit tout ce qu'il y avait à en dire...
Quel gâchi, encore une fois, n'aurait-il pas mieux valu éveiller la curiosité, l'intérêt de la personne qui à fait l'effort de s'inscrire sur le forum, en l'informant plus pertinemment sur la signification de sa fibule...

Il est de la responsabilité de ceux qui prétendent aimer l'Histoire, de ne pas se limiter à utiliser une méthodologie aboutissant à euthanasier un objet et le diriger, tel un cadavre l'étiquette au pied, vers le tiroir d'une morgue inculte et iconoclaste.
Des centaines de fibules viennent et s'en retournent à l'oubli, après des dizaines de siècles passées sous terre; aussitôt découvertes, aussitôt perdues.

N'oublions jamais l'importance de ce court moment où elles sont sous les feux des projecteurs, c'est à nous qu'il incombe de les faire revivre et de partager notre héritage ancestral, il en va de notre responsabilité morale.
Voici mon identification:
Fibule zoomorphe romaine à charnière, Feugère 29a1a, un type assez fréquent dans l'est de la Gaule. Elle date du Ier-IIIème siècle. Certes.., mais..
D'abord étamée, ce procédé à pour but de lui donner l'apparence d'être en argent, par un bain dans l'étain, il y a donc un soucis d'économie, de plus stilistiquement parlant la couleur argentée sied bien à rehausser l'éclat naturel des écailles d'un poisson. Celui-ci de par sa morphologie pourrait représenter un poisson d'eau vive, une truite par exemple.

Ensuite, cette représentation est un thème récurrent à l'époque, il a une symbolique propre à cette religion naissante qu'est le Christianisme, en effet en ces temps anciens l'une des langues principales des érudits est le grec, le mot "ichtus" (du grec ancien ΙΧΘΥΣ, ἰχθύς / ikhthús qui signifie « poisson ») est en fait un acrostiche du nom Jésus( du grec akrostikhos (akros, haut, élevé et stichos, le vers), comme un poème fondé sur une figure de style consistant en ce que les initiales de chaque vers, lues verticalement de haut en bas, composent un mot ou une expression se rapportant au sujet du poème, mais voici par le détail la fabuleuse histoire entourant cette fibule:
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Deux livres préfigurent le Christ et sa Passion sous la forme du Poisson : le Livre de Tobie et le Livre du prophète Jonas (dans l'Ancien Testament).Le « Signe de Jonas ». Il est aussi fait allusion au poisson abondant comme signe de vie abondante dans le prophète Ezéchiel.

Le poisson est ensuite un symbole important du Nouveau Testament au même titre que le pêcheur : multiplication des pains et des poissons, pêche miraculeuse, poisson pêché par Pierre dans lequel il trouve un statère, poisson grillé de la résurrection (Jean:20).

Les premiers chrétiens persécutés par les autorités romaines l'utilisaient comme code secret pour se reconnaître entre eux (en concurrence avec d'autres symboles, dont le carré magique et palindrome SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS).

Clément d'Alexandrie, dans son ouvrage appelé le Pédagogue, pour les catéchumènes, écrit : « les signes qui doivent distinguer le chrétien sont une colombe, un poisson, une nacelle portée à pleine voile vers le Ciel".
Signe et Symbole : ce symbole est celui du Nom du Christ (saint Jean 3,16-21 ), symbolise le Christ lui-même, est le signe de la Résurrection (saint Jean, 20 ) ensuite celui de l'eau du baptême et de tous les chrétiens baptisés dans la "piscina" ou le baptistère.
Symbole de la Vie dans l'Ancien et le Nouveau Testament, donc des vivants (Stèle de Licinia, poisson des vivants Ichtus zwntwn) et associée à l'ancre, de l'espérance de la résurrection.

Le poisson représente aussi l'eau du baptême. Par ailleurs, le mot forme, en grec ancien (langue véhiculaire davantage parlée dans l'Empire romain que le latin), un jeu de mots puisque c'est aussi l'acrostiche du nom attribué à Jésus sur laquelle repose la foi chrétienne (saint Jean, 1 ° Épître, 3:23 , Croire que Jésus est le Christ c'est-à-dire le Messie attendu des Juifs), Saint Pierre, première épître
: « Tout repose sur le Nom de Jésus »)
La reconnaissance par Constantin du christianisme sortit de la clandestinité son art et ses symboles.

« Ajoutez à cela que, si l’on joint ensemble les premières lettres de ces cinq mots grecs que nous avons dit signifier Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur, on trouvera Ichthus.. »— Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVIII, 25
* I (I, Iota) : ΙΗΣΟΥΣ (Iêsoûs) « Jésus » ; (= Sauveur en hébreu ).
* Χ (KH, Khi) : ΧΡΙΣΤΟΣ (Khristòs) « Christ » ; (= Messie, Oint en langue grecque)
* Θ (TH, Thêta) : ΘΕΟΥ (Theoû) « Dieu » ;
* Υ (U, Upsilon) : ΥΙΟΣ (Huiòs) « fils » ;
* Σ (S, Sigma) : ΣΩΤΗΡ (Sôtếr) « Sauveur ».

Ce qui est traduisible par « Jésus-Christ fils de Dieu, sauveur ». Pour certains, il représente en même temps l'Eucharistie, c'est-à-dire le Corps, le Sang, l'Âme et la Divinité de Jésus-Christ. Les pains et les poissons sont la manne du Christ unissant les fidèles dans la communion sacramentelle. Ce symbole est encore souvent employé de nos jours.

* Cet acrostiche est cité par l'Empereur Constantin dans l’Oratio Sanctorum Coetus ainsi qu'un poème dont chaque initiale en grec forme le mot Jésus Christ Sauveur .

* Parfois un poisson vertical à côté de l'inscription remplace l'acrostiche Ichtus (acrostiche de Caîus Anchosius, cat. de Saint Sébastien).

Ce nom grec, ainsi que le poisson, étaient les deux signes que les chrétiens représentaient partout : sur les épitaphes, les mosaïques, les peintures, les anneaux, les coupes et les patères de verre, les sceaux, etc. Sur l'origine de cet acrostiche , il y avait deux opinions différentes : l'une est que les chrétiens ont
ainsi appelé le Christ, pour en dissimuler le nom aux empereurs païens, qui leur avaient interdit le culte du Christ ; mais d'autres ont pensé que ce nom ΙΧΘΥΣ était tiré des vers de la sibylle Érythrée , et aux Livres Sibyllins ; Car les vers sibyllins, présentaient les lettres initiales disposées de manière que l'ordre des éléments faisait lire : Ιησους Χριστός Υιος θεου Σωτηρ. Ce mot transposé des Grecs chez
les Latins, pour les chrétiens du premier siècle, tenait sur les inscriptions la place du mot de Christ ; et sur les pierres latines il était écrit en grec : ainsi la pierre de Postumius et celle d'Abercius. Il offrait un acrostiche résultant de la position du mot et des lettres qui le composent. La seconde théorie se fondait sur un texte attribué (de manière incertaine) à Prosper d'Aquitaine, Le livre des Promesses et
Prédications, donc daté du milieu du Ve siècle siècle :
« Car ce mot ΙΧΘΥΣ, en latin, piscis (poisson), nos ancêtres l'ont interprété par de saintes lettres, d'après les vers sibyllins, comme signifiant Jésus-Christ, fils de Dieu, Sauveur. Poisson consommé par sa passion, et par les remèdes intérieurs duquel » nous sommes tous les jours éclairés et nourris. » »

— Prosper d'Aquitaine

En fait cet acrostiche est à la fois grec et hébreu dans la mesure où le mot Jésus
signifie en hébreu Sauveur . Jésus vient de l'hébreu Yeshouah (Josué) mot lui-même composé de Yaweh-Dieu et du mot Sauveur : Jésus, en grec Ιησους / Ièsous, vient de Yehoshua (hébreu) qui signifie : Dieu sauve .
Sceau et numismatique:

On retrouve cet acrostiche sur les épitaphes, gravé sur de la pierre, mais aussi sur des pierres précieuses, des gemmes, des bagues, améthyste, jaspe ou agate, et comme sceau ainsi que le préconise le Pape Clément.
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Art paléo-chrétien:
Le propre du paléo-christianisme est d'avoir très souvent représenté le symbole de l'ichtus dans les arts, dans les catacombes, ainsi que sur les lampes qui servaient à les éclairer. Durant cinq siècles environ le poisson demeure le principal symbole de la nouvelle religion et du Christianisme naissant.
Donc cette fibule était dans un premier temps, un code secret pour indiquer son appartenance à la nouvelle religion et puis une fois celle-ci autorisée, et ensuite adoptée, elle devint aussi un signe de prosélytisme.
On le voit, une fibule est un véritable maillon de l'Histoire, retirer ce maillon et la chaîne est brisée..

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